
Soisy compte deux magnifiques Châteaux, l’un du XIXème siècle (où se trouvent actuellement LADAPT
et l’ONAC) et l’autre, dit du "Haut-Soisy" ou "le Grand Veneur", pourvu d’un
immense parc forestier, du XVIIIème siècle. En outre l’Eglise de Notre-Dame (XIIème
siècle), agrandie et remaniée aux siècles suivants, serait le vestige d’un
Château démoli en 1874 et dont elle aurait été la chapelle.
Le premier
Château cité est en pierre et brique présentant un corps central étroit encadré
de deux ailes, doté d’une superbe porte Empire à losange à droite du
portail.
On a longtemps cru que ce Château, encore existant en 1874 près de
l’Eglise (et appartenant alors à Monsieur Subervielle), avait été habité par les
Seigneurs de Soisy depuis un temps immémorial.

Il n’en est rien. L’habitation de
Gilles Malet
se situait sur les hauteurs du côté d’Etiolles, d’où l’oeil du
guetteur pouvait facilement observer les alentours, autant du côté de Melun que
de Paris, au lieu-dit aujourd’hui "Gerville". Celui-ci par ailleurs se nommait à
cette époque "le Jardin", qui devint ensuite "Jarville" puis "Gerville".
Le
nom de "Jardin" se rencontre déjà en 1385 quand Gilles Malet fit l’aveu de ses
biens au Roy pour le Comte de Corbeil (Archives de Seine et Oise, A467-Leboeuf
XIII, p.113)
Cet acte nous renseigne de manière précise sur l’emplacement et
l’importance de la propriété de Gilles Malet : celle-ci s’étirait vers l’ouest,
attenant à la rue des Tournelles
(aujourd’hui
rue du Grand Veneur).
C’était le château du Haut-Soisy.
Par ailleurs, ce Parc
du Grand Veneur comporte une particularité, liée aux
vestiges
qu'il contient. En effet, le visiteur pourra se promener autour du kiosque, dans
les glacières et volières, et fureter dans l'ensemble composé par le temple
égyptien adossé à sa butte, les obélisques, la rocaille latérale et le
pont.
Avant 1644 cette propriété, de 12 ha, s'appelait les Bouquins. Avec le
retour des nobles, émigrés en Angleterre pendant la Révolution, les jardins à la
française sont de plus en plus abandonnés au bénéfice des parcs à l'anglaise. Le
Parc du Grand Veneur est parmi ceux-ci. particulièrement réussi par les formes
et l'équilibre de ses surfaces boisées et herbacées. Ses sous-bois à l'aspect
sauvage dégagent une atmosphère de sérénité. Parmi les plus beaux sujets
quelques arbres ont été étiquetés. C'est Jean Davelouis qui fit aménager ce parc
à partir de 1802, avec (selon le descriptif de l'époque), temple, grottes, eaux
vives, glacière située dans la partie haute, salle de danse égyptienne, kiosque
de spectacles.
Autrefois un passage situé sous la ruelle des Voûtes faisait
communiquer le Château du Bas-Soisy et le Grand Veneur.
Le Château du
Bas-Soisy, plus récent, s’entourait de serres s’étendant jusqu’aux biens de
l’Hotel-Dieu de Paris à Champrosay, dont elles n’étaient séparées que par la
ruelle des Cornilons
(actuellement
le Chemin des Grès).
Ce Château ne différa point entre 1644 et 1725, ainsi
qu’en témoignent les registres Terriers de l’époque. Sa construction ne doit pas
remonter beaucoup en-deçà d’Henri IV.
Le second registre Terrier daté de
1725 décrit le Château et le lieu seigneurial dudit Soisy :
"Lequel ’Château’ consiste en un grand corps de logis, galeries et
plusieurs édifices, quatre pavillons aux quatre coins, le tout couvert
d’ardoises, cour au milieu, clos de fossés à fond de cuves remplies d’eau vive,
et revêtu de murs par dehors ; pont-levis pour entrer dans le château, plusieurs
bâtiments et édifices couverts de tuiles étant dans ladite première cour, de
devant ledit château, grande porte cochère pour y entrer du côté de la rivière
de Seine de chemin de Paris
(aujourd’hui
la Rue du Bac de Ris).
Grand portail au bout de cette cour pour entrer dans une
deuxième cour dans laquelle il y a plusieurs logements, écuries, remises de
carrosses, colombier à pied et autres usages, le tout couvert de tuiles, avec
abreuvoir à chevaux et lavoir, enclos de grenier, et [cette cour est] pavée
au-dedans comme sont lesdites cours, ferme intérieure limitée par la rue du Four
(
rue Galignani de nos jours).
Côté Seine, divers pavillons et, rue des Donjons
(aujourd’hui
Avenue de la Libération),
une tourelle."
Les ascendants de Monsieur de Vandeul
qui avaient vendu leur domaine à Monsieur Subervielle s’étaient réservés la
ferme et les terres. Ils abandonnaient le Château, le Parc, une petite allée en
face de la grille du Parc qui était tournée du côté de la Seine, et l’allée dite
"des Pommiers", le tout d’une superficie avoisinant vingt hectares.
Ceci
scella le commencement du démembrement des terres du Château qui devaient à
nouveau être morcellées pour la transformation plus radicale de Soisy vers 1860.
Désormais propriété de la commune, le Château du Grand Veneur accueille de
nombreuses manifestations artistiques et culturelles.